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Le post-digital, une tendance de fond ?

Il y a quelques temps, deux ans en fait, le fameux “Most Contagious” report m’avait permis de mettre un mot sur une tendance qui me plait particulièrement, le “post-digital”. Le “post-digital” ça désigne quoi ? des concepts d’applications, dispositifs online qui permettent d’avoir une conséquence dans le réel. L’exemple type qui était donné en 2009, c’était le surprenant Nike Chalkbot. Vous vous rappellez de ce robot tout droit sorti d’un rêve de gosse ? Vous pouviez partager un message de soutien contre le cancer (c’était avec Livestrong) sur le site Internet de l’opération (ou par SMS) et il se retrouvait imprimé sur la route du Tour de France grâce à un robot-imprimeur géant. Wow non ? Rien que d’imaginer son message imprimé sur une petite départementale, assis là, devant son ordinateur depuis n’importe où dans le monde, c’est autre chose que de se retrouver dans la “galerie des internautes” comme la plupart des sites UGC, non ? Je vous remets la vidéo de présentation du Chalkbot pour ceux qui voudraient la (re)voir :

Bref, pourquoi est-ce que je vous reparle de ça ? Parce que la semaine dernière justement, deux campagnes, coup sur coup, ont attiré mon attention avec des principes justement post-digitaux, et j’avais l’impression que ça faisait longtemps que je n’en entendais plus parler.

La première est pour Mini en Belgique, qui a eu une bonne idée pour recruter de nouveaux fans sur sa page Facebook : un like = une flamme. Sauf que cette flamme s’allume sous une corde qui maintient en équilibre une vraie Mini sur une place belge. Celui qui allumait la flamme qui permettait de rompre la corde gagnait la Mini, tout simplement : “Fan The Flame” (bon l’opération est terminée, mais on avait le plaisir, pendant, de voir sa flamme s’allumer avec une webcam en direct). Ils auraient gagné plus de 20 000 fans avec cette opération (ce qui ne doit pas faire un coût au fan très intéressant si on s’arrête à cet indicateur).

Fan The Flame

Autre opération, autre pays, c’est cette fois le brasseur (c’est un bien grand mot vu la qualité de leur bière), Heineken qui a lancé au Brésil une opération pour le coup très simple, à chaque nouveau like sur leur page Facebook (dommage que la page soit internationale et pas locale), un nouveau ballon vert était gonflé dans leur bureau. A la clé une chaîne Youtube dédiée avec 29 vidéos pour suivre l’évolution du remplissage du bureau.
Bon, on sent bien que c’est un peu trop beau et contrôlé pour s’être vraiment passé comme ça, mais la vidéo essaie en tous cas de nous faire croire que les annonceurs sont des mecs assez cools pour l’avoir vraiment fait (ce dont on doute quand on voit les mecs à l’arrière plan qui ont l’air d’être des images fixes) :

Bref, il semble que les derniers concepts post-digitaux servent surtout aujourd’hui à “recruter du fan”, un peu limité tout de même comme utilisation… même si ça permet de donner un relief un peu plus important à une action qui paraît anodine, liker une page.

Pour sortir du domaine de la pub, j’ai aussi envie de vous parler de Postagram, le service qui permet de donner une vie physique à vos photos Instagram. Pour l’avoir testé, je peux en plus vous assurer que ça marche très bien, que ça coûte moins cher que des cartes postales (99 cents) et qu’on peut même l’utiliser de France (à condition de se connecter sur leur site, l’appli, elle n’est pas téléchargeable en France).

postagram

Voilà, sinon, juste une petite phrase pour vous parler de l’activité de ce blog… elle était réduite, voire inexistante ces derniers mois, mais nous avons décidé de la relancer ! Adcoholic nous suit tous les deux depuis nos débuts dans le monde de la publicité (plus de 4 ans et près de 400 articles !), donc nous ne le laisserons pas mourir. Comme vous le voyez avec cet article, nous avons par contre décidé de faire évoluer la forme de nos articles vers plus de matière vu qu’il est de toutes façons aujourd’hui impossible d’être le premier sur un sujet, nous préférons essayer de partager avec vous notre point de vue sur des concepts, tendances plus générales dans la publicité.
Merci de nous lire, vous pouvez nous suivre aussi sur Twitter et Facebook.
J’en profite aussi pour adresser un petit hommage à Christian Blachas qui nous a quitté ce w-e… Il fait parti de ceux qui m’ont donné envie de faire de la pub, donc MERCI.

Pourquoi aimer Foursquare

Foursquare badges by MariSheibley

J’utilise Foursquare depuis bientôt un mois et beaucoup de personnes me disent “mais foursquare, c’est quoi en fait?”. Alors je me suis dit qu’un petit article expliquant pourquoi je suis complètement emballé par le concept ne pourrait pas faire de mal.
Embarqué sur son mobile, Foursquare est une application qui mêle la géolocalisation, le côté social et monde réel, le tout mêlé à la dimension jeu. En gros, cette application vous permet de partager l’endroit où vous vous trouvez avec votre communauté d’amis Foursquare, Facebook ou Twitter. Pour chaque “check-in” vous êtes récompensé par un système de points: plus vous vous déplacez, plus vous gagnez des points. Et pour certaines combinaisons, comme par exemple sortir dans 4 endroits différents au cours d’une même soirée, des badges. Mettons par exemple que vous “check-in” dans 4 endroits différents au cours d’une même soirée et vous vous verrez attribué un badge “crunked”. Tenez, hier par exemple, je suis devenu ’superstar’ après mon 50ème check-in depuis que j’utilise le service.

Ca peut paraître super geek dit comme ça mais comparer ses badges avec ses amis peut devenir assez vite amusant. Au-delà des badges et des points, le summum de la classe sur Foursquare est devenir le “mayor” de certains lieux: sur une période de 2 mois, la personne ayant le plus fréquenté un endroit devient le maire de ce lieu. Là encore, essayer de gagner la place de mayor des endroits que vous aimez le plus peut devenir assez addictif.

Mais au-delà du côté en apparence “no life” du concept, il faut lui reconnaître de nombreuses fonctions utiles pour la recherche d’endroits sympas autour de soi, un peu à la façon des applications dismoioù ou aroundme: la liste des endroits autour de vous, les conseils laissés par la communauté Foursquare (idéal pour trouver le bon plan, le bon menu ou la bonne bière pas cher), ou la possibilité de rajouter un lieu dans votre “to do list” pour une prochaine visite. On appréciera aussi les notifications push dès que vous checkez dans un endroit pour vous annoncer ce qu’un de vos amis a pu dire lors de sa visite. Exemple: je rentre dans un resto et un ami X a dit 2 mois auparavant que le hamburger était une tueries, l’appli me dit alors “puisque vous êtes ici, sachez que X a dit que le hamburger était une tuerie”. Utile ! On regrettera simplement la non possibilité de filtrer les résultats de recherche par type de lieux (resto, bar, tourisme etc..).
Les marques ont bien compris les opportunités que pouvait représenter ce service pour fidéliser ses consommateurs: un starbucks qui donne 1 dollar de réduction à chacun des mayor de ses cafés… un peu la carte de fidélité 2.0. Et chaque annonceur peut également son propre set de badges, comme ceux crées lors du dernier SXSW. Des idées géniales avec des offres réservées aux utilisateurs de Foursquare, selon leur degré d’engagement: super remise pour les mayors, une spéciale pour les habitués et ainsi de suite. Je vous renvoie aux 7 Bonnes Pratiques marketing avec Foursquare pour plus d’exemples concrets.

Alors, avec l’arrivée de Facebook Places dans les jours/semaines/mois qui viennent (déjà actif aux US), que vont devenir Foursquare et ses 3 millions d’utilisateurs face aux 500 Millions de Facebook. L’aperçu de Places donné jusqu’à présent ne m’a guère convaincu, le côté ‘t’as vu où je suis” primant sur le côté bon plan et jeu de Foursquare. A suivre donc…

IBM + Data = Sexy Ads

Difficile de rester totalement objectif devant ces nouveaux spots IBM (IBM étant mon client chez Ogilvy) mais force est de constater que l’égalité ci-dessus est largement vérifiée. Ils partent du principe très simple que nous tout ce qui nous entoure dans notre vie quotidienne génère des données: des voitures sur l’autoroute, les rythmes respiratoires d’un nouveau né, le courant électrique etc… L’idée est que si nous cherchons à comprendre, observer, analyser et exploiter ces données, alors nous serons capables de faire d’énormes progrès sur des problématiques aussi larges que la santé, l’énergie, les transports publics etc… Et c’est justement ce qu’IBM propose – et parvient – à faire, participant ainsi à la construction d’un monde plus intelligent ou “A Smarter Planet“. Le tout parfaitement illustré par le biais d’un film permettant de visualiser ces données qui nous entourent, film réalisé par James Frost à qui l’on doit l’excellent clip de House of Cards de Radiohead ou, plus récemment, le dernier Ok Go.

Le résultat est à l’image de la marque IBM: une marque en avance et à la pointe que l’on parle de technologie, services ou, en l’occurrence, de marketing. Car, oui, (attention passage perso), trop de personnes associent souvent IBM à de l’informatique pure et dure. Cela va du “beau-papa”: “ah mais alors tu travailles dans les ordinateurs, t’es informaticien donc?” au “mais je comprends pas du tout leur pub”, jusqu’au meilleur, de la part d’autres “contacts” en agences: “La créa IBM c’est nul,… ah si, leur pub en noir et blanc c’était pas mal”. C’est vrai que c’est du B2B et que bien souvent tout ce monde paraît bien obscur vu de l’extérieur. Alors pour aller contre les préjugés et autres clichés, je vous invite à visionner leur dernier spot et vous constaterez (je l’espère) qu’Ogilvy & IBM font du sacré bon boulot et des pubs sacrément sexy !

Ci-dessous un autre spot sur le thème de la data et de la data visualization intitulé “data baby” – enjoy

Disclaimer: je ne possède aucune action chez IBM, ni (plus) aucune participation chez Ogilvy ;)

Si j’étais directeur marketing du Club Med Gym…

Ayant récemment pris mon abonnement annuel pour le Club Med Gym (les bonnes résolutions de début d’année obligent), j’en suis venu à réfléchir à comment mon expérience pouvait être améliorée.
Tout d’abord, quelques améliorations à signaler depuis quelques mois: inscription simplifiée (possibilité de s’inscrire et d’acheter son abonnement en ligne, webcam sur place pour création de la carte de membre) et nouveau site internet. C’est toujours rassurant de voir les services être améliorés quand le prix augmente autant d’année en année (près de 900 euros pour l’abonnement basique, ça laisse songeur). Oui, mais voilà, force est de constater que tout n’est pas tout à fait au point. En effet, en bon geek que je suis, j’ai voulu me rendre dans mon nouvel espace adhérent en ligne, création très rapide, et un message m’indiquant que mon compte doit d’abord être validé et que je recevrai mes identifiants prochainement. Ok, sauf que cela fait une semaine et que je n’ai toujours rien reçu. J’ai bien tenté d’obtenir des informations complémentaires en allant au club ce matin mais j’ai eu droit à un “oh ben vous savez, on n’a pas internet ici..”. Ok, bref, j’ai contacté le webmaster, problème technique mineur sans doute, mais je ne m’attends pas à davantage qu’un simple gestionnaire d’abonnements, invitations et un récapitulatif de mes visites (ce qui serait un minimum déjà bien raisonnable).

Pour le reste, il y a encore du boulot, alors je me suis amusé à imaginer à quoi pourrait ressembler le “Club Med Gym 2.0″. Voici quelques idées en vrac:
- finalement la chance du Club Med Gym est que son coeur de cible est le/la jeune citadin(e) vivant à Paris intra muros ou proche banlieue, CSP+(+), au courant des nouvelles tendances etc… Ca rend les possibilités d’innovation assez énorme. Imaginons alors que lorsque je me rends dans mon club je puisse, grâce à ma carte de membre, accéder à tout un tas de ressources. Par exemple, via des bornes interactives me permettant de voir la liste des cours disponibles en fonction de mon niveau/préférences, mon historique d’entraînements mais aussi possibilité de “swiper” ma carte dans chaque machine que j’utilise … toutes mes informations de temps/performance étant enregistrées sur ma carte et dans mon espace adhérent en ligne.
- l’espace adhérent sur le site du Club Med Gym donnerait alors non seulement accès à mon historique de visites, mais aussi à tout le détail de mes performance. Un équivalent existant serait le très bon Nike+, plateforme de suivi de performance mais aussi d’interaction entre sportifs, conseils, recommandations, partage d’expérience etc… Pourquoi ne pas alors imaginer tout simplement une vraie communauté de sportif avec des classements des meilleurs athlètes sur telle ou telle machine, les plus persévérants, ceux ayant fait le plus de progrès, perdu le plus de poids (sic) etc… etc… Quand au Club Med Gym dans tout ça, pouvoir à tout moment interagir avec les membres par des conseils personnalisés d’entraînement en fonction du profil du sportif, prise de rendez-vous avec des coachs sur place, possibilité de réserver sa machine à l’avance etc… D’ailleurs, en allant sur le site d’Equinox (salle de gym aux US), je suis tombé sur un écran de l’espace adhérent, finalement on n’est pas si loin…

MYEQ / Equinox Club

- enfin, pour le geek ++, où si le lecteur de carte par machine n’est pas une option, le must serait une application mobile permettant l’enregistrement de mes performances (temps, calories perdues etc…), le tout étant lié à mes réseaux sociaux (imaginez les profils Facebook/Twitter: “aujourd’hui j’ai brûlé 50 calories sur mon vélo en 1 heure #fail” ;) ), pouvoir placer des bar codes sur les machines pour visualiser l’intérêt de la machine via une mini démo etc…

Bref, vous l’avez compris, les usages sont nombreux, gageons qu’ils seront applicables sans être pour autant monnayés à prix exorbitant !

Books are not dead !

Preuve en est avec ses deux petites pépites de livre trouvées au hasard du net.

La première: The Visual Miscellaneum (a colorful guide to the world’s most consequential trivia) par David McCandless auteur du superbe Information is Beautiful, ou comment prouver que la data ne se limite pas à des tableaux de statistiques, mais peut être presque assimilé à de l’art dans la façon dont elle est représentée. Il commence à être évident que les jobs les plus sexy d’agences de pub sont en train de se tourner vers les data analysts, lisez aussi le white paper de Dimitri Maex, grand guru de la data à Ogilvy New York, Math Marketing, une très bonne référence.

The Visual Miscellaneum est en vente aux Etats-Unis uniquement et sera disponible aux UK à partir du 4 Février. Vous pouvez le pre-commander ici.

Le second bouquin est “The Medium is the message, and 50 other ridiculous advertising rules”. Plus pour le fun, mais avec quelques rules bien pertinentes comme “rule 22: never user pop-up ads” ou “rule 29: bad advertising is better than no advertising at all”. Le livre est publié par Bis Publisher, disponible sur leur site ici.